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Le marché du travail belge en 2025 : tendances de l’emploi, comparaison avec les Pays-Bas et objectifs de réforme

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Graphique intitulé 'Marché du travail belge en 2025', mettant en avant l’objectif ambitieux d’atteindre un taux d’emploi de 80 % d’ici 2029. Contient trois infographies : une carte des taux d’emploi régionaux en Wallonie et en Flandre ; un graphique à barres comparant l’emploi des jeunes, avec 26 % en Belgique contre 76 % aux Pays-Bas ; et une comparaison du taux d’emploi des travailleurs âgés, la Belgique affichant 59 % contre 75 % aux Pays-Bas.

La Belgique doit encore créer environ 530.000 emplois supplémentaires pour atteindre le niveau d'emploi des Pays-Bas — un écart que la nouvelle coalition fédérale entend combler en portant le taux d'emploi national à 80 % d'ici 2029. Bien que l'emploi ait progressé de manière constante depuis 2009, la Belgique reste à la traîne des Pays-Bas sur la plupart des indicateurs du marché du travail, en particulier chez les jeunes (15–24 ans) et les travailleurs âgés (55–64 ans). Les disparités régionales persistent également : la Flandre se rapproche désormais des standards néerlandais, tandis que la Wallonie et Bruxelles restent nettement en retrait. Cette analyse fondée sur les données examine les causes structurelles du retard belge sur le marché du travail, compare les indicateurs clés avec ceux des Pays-Bas et évalue dans quelle mesure l’agenda de réformes 2025–2029 du gouvernement pourrait modifier la trajectoire de l’emploi dans le pays. Elle s’interroge également sur la portée réelle de certains chiffres phares : une fois ajustés pour les heures prestées, les différences d’âge et les dynamiques régionales, ils pourraient révéler une réalité plus nuancée, où certains choix structurels belges relèvent de préférences plutôt que de faiblesses.


1. Évolution du marché du travail belge comparée aux Pays-Bas

Tendances de l’emploi en Belgique et aux Pays-Bas (Âges 20–64, 2009–2024) Progression de 2009 à 2024 et trajectoire projetée de la Belgique vers 80 % d’emploi d’ici 2029
  • Le taux d’emploi belge est passé de 67,1 % en 2009 à 72,6 % en T4 2024 (≈ 0,10 pp/trimestre).
  • Les Pays-Bas ont démarré plus haut (77,6 %) et progressé un peu plus vite (≈ 0,12 pp/trimestre), portant l’écart à 10,8 pp en 2024.
  • Pour atteindre 80 % d’ici fin 2028, la Belgique devra quadrupler son rythme trimestriel à ≈ 0,46 pp.

L'écart de 10 points de pourcentage en matière d'emploi en Belgique équivaut à environ un demi-million de travailleurs en moins, ce qui suscite naturellement des inquiétudes économiques. Pourtant, derrière ce chiffre marquant se cache une réalité plus nuancée – un récit où cet écart pourrait refléter un meilleur investissement dans l’éducation des jeunes et le privilège de départs à la retraite anticipés. Lever certains obstacles ciblés permettrait de libérer un potentiel important, mais il reste essentiel de comprendre ce contexte sociétal plus large, comme le montre l’analyse qui suit.


2. Portrait Démographique 2024 : Âge, Sexe et Durée Hebdomadaire de Travail

Conseil: Cliquez ou touchez une barre pour voir une répartition par hommes et femmes.

Taux d’emploi Par âge — BE vs. NL (2024)
Graphique à barres interactif montrant les taux d’emploi en 2024 en Belgique (bleu) et aux Pays-Bas (orange), par groupe d’âge : 15–24, 25–54 et 55+. Sélectionnez un groupe d’âge pour comparer les taux d’emploi selon le sexe. Données issues de la base Eurostat sur le marché du travail.
Taux de chômage Par âge — BE vs. NL (2024)
Graphique à barres interactif montrant les taux de chômage en 2024 en Belgique (bleu) et aux Pays-Bas (orange), par groupe d’âge : 15–24, 25–54 et 55+. Sélectionnez un groupe d’âge pour afficher les taux par sexe. Données provenant d’Eurostat.
Taux d’inactivité Par âge — BE vs. NL (2024)
Graphique à barres interactif montrant les taux d’inactivité en 2024 en Belgique (bleu) et aux Pays-Bas (orange), répartis par groupe d’âge : 15–24, 25–54 et 55+. Les utilisateurs peuvent sélectionner un groupe d’âge pour comparer les taux d’inactivité entre hommes et femmes. Basé sur l’enquête sur la population active d’Eurostat.

Des emplois au travail réel : comprendre le taux d’emploi en équivalent temps plein (ETP)

Les taux d’emploi standards mesurent le nombre d’emplois plutôt que le volume réel de travail. Le petit boulot d’un étudiant le week-end et le poste à temps plein d’une infirmière comptent chacun pour un emploi, bien qu’ils diffèrent fortement en nombre d’heures travaillées. Pour mieux refléter l’intensité du travail et la contribution économique réelle, le taux d’emploi en équivalent temps plein (ETP) standardise les emplois en unités à temps plein. Par exemple, 38 heures par semaine équivalent à 1 ETP, tandis que 19 heures correspondent à 0,5 ETP. Cette approche permet de mieux comparer les marchés du travail entre la Belgique, qui met l’accent sur le temps plein, et les Pays-Bas, où le travail à temps partiel est largement répandu.

Comparons maintenant directement les taux d’emploi standards et ETP par tranche d’âge…

Taux d’emploi (Standard vs Équivalent Temps Plein) Par âge — BE vs. NL (2024)
Graphique à barres interactif comparant les taux d’emploi de 2024 en Belgique (bleu) et aux Pays-Bas (orange). Pour chaque groupe d’âge (15–24, 25–54, 55+), il affiche à la fois le taux standard et le taux en équivalent temps plein (ETP). Les valeurs ETP sont ajustées en fonction du nombre moyen d’heures travaillées par semaine par rapport à un horaire de travail à temps plein habituel, selon les données de l’enquête sur les forces de travail d’Eurostat.

Lorsqu’on compare côte à côte les taux d’emploi standard et en ETP, l’écart apparent entre la Belgique et les Pays-Bas se réduit considérablement. Chez les jeunes actifs (15–24 ans), l’écart diminue fortement. Pour le groupe d’âge principal (25–54 ans), on observe presque une égalité, et chez les travailleurs plus âgés (55+), l’écart se réduit notablement—de 16 à 12 points de pourcentage.

Utilisez le bouton ci-dessous pour passer d’un tableau à l’autre (standard ou ETP) et consulter les chiffres détaillés.

Taux d’emploi par âge
Âge BE % NL % Écart Enseignement clé
15–2426 %76 %-50 pp Écart d’emploi chez les jeunes ►
25–5481 %87 %-6 pp Quasi-parité 1
55–6459 %75 %-16 pp Départs précoces ►
Taux d’emploi ETP par âge
Âge BE FTE % NL FTE % Écart Enseignement clé
15–2419 %41 %-22 pp L’écart chez les jeunes se réduit ►
25–5476 %76 %≈ 0 pp L’écart disparaît 1
55–6451 %63 %-12 pp L’écart persiste ►

Temps partiel vs temps plein : modèles de travail et horaires en Belgique et aux Pays-Bas

La distinction entre le temps partiel et le temps plein influence fortement les marchés du travail en Belgique et aux Pays-Bas. Les graphiques interactifs ci-dessous illustrent les différences de structure d’emploi selon les tranches d’âge. Choisissez votre vue préférée :

  • Taux d’emploi bruts : Affiche les taux réels, mettant en évidence les différences concrètes entre les pays.
  • Taux normalisés à 100 % : Standardise les taux à 100 % pour une comparaison directe et simplifiée.
Modèles d’emploi par âge : temps partiel vs temps plein Belgique vs Pays-Bas (2024) : Taux bruts & Profils à 100 %
Graphique interactif comparant les modèles d’emploi en Belgique (bleu) et aux Pays-Bas (orange) en 2024, ventilés par tranche d’âge (15–24, 25–54, 55–64). Il illustre la structure de l’emploi de chaque pays à l’aide de segments pour le temps partiel et le temps plein : la largeur représente leur part dans l’emploi total, la hauteur indique les heures de travail hebdomadaires moyennes. Les utilisateurs peuvent basculer entre une vue 'Taux d’emploi bruts' (niveaux réels) et une vue '100 % normalisée' (standardisée pour la comparaison). Source des données : Enquête sur les forces de travail d’Eurostat.

Les Pays-Bas affichent des taux d’emploi globalement plus élevés dans toutes les tranches d’âge, mais avec une proportion nettement plus importante de travailleurs à temps partiel par rapport à la Belgique. Les travailleurs belges, bien que moins nombreux, occupent généralement un emploi à temps plein et effectuent légèrement plus d’heures par semaine. Ces différences structurelles sont essentielles pour comprendre pourquoi les écarts d’emploi se réduisent nettement lorsqu’on les analyse en équivalents temps plein (ETP). Le marché du travail belge met ainsi l’accent sur un nombre plus restreint de travailleurs avec une intensité de travail moyenne plus élevée, tandis que les Pays-Bas emploient davantage de personnes avec un nombre moyen d’heures plus réduit.

Les visualisations ci-dessus illustrent clairement ces dynamiques et permettent une meilleure compréhension de la contribution de chaque pays au marché du travail.

1 Écart d’emploi en milieu de carrière : Belgique vs. Pays-Bas (Standard vs. ETP) En Belgique, le taux d’emploi des adultes de 25 à 54 ans est inférieur de 5 à 6 points de pourcentage à celui des Pays-Bas dans les statistiques standards. Toutefois, une fois ajusté en équivalent temps plein (ETP), en tenant compte de la prévalence du travail à temps partiel, cet écart disparaît presque complètement (–0,55 pp). Cela suggère que les Belges en milieu de carrière sont tout aussi actifs sur le marché du travail si l’on tient compte de l’intensité réelle du travail. Le retard initial dû à une durée d’études plus longue en Belgique ne semble donc pas nuire à l’emploi à ce stade de la vie : les deux pays atteignent presque la parité.

Maintenant que les tendances nationales par âge et sexe sont claires, tournons-nous vers les différences régionales. Comment la Flandre, la Wallonie et Bruxelles se comparent-elles en matière d’emploi, de chômage et d’inactivité?


3. Divergences régionales en Belgique

Taux d’emploi Région, âge & sexe — BE vs. NL (2024)
Taux d’emploi
Ce graphique à barres présente les taux d’emploi en 2024 dans les trois régions belges — Flandre, Wallonie et Bruxelles-Capitale — comparés aux Pays-Bas. Les données sont ventilées par groupe d’âge (15-24, 25-54, 55-64) et sexe. La Flandre affiche un taux d’emploi de 76,9 % pour les 20-64 ans, proche du niveau néerlandais de 83,5 %. L’emploi des jeunes (15-24) atteint 31,5 % en Flandre, contre seulement 20,6 % en Wallonie et 17,7 % à Bruxelles. Le graphique utilise des couleurs vives pour la Belgique et des nuances de gris pour les Pays-Bas afin de mettre en évidence les disparités internes.
Taux de chômage Région, âge & sexe — BE vs. NL (2024)
Taux de chômage
Ce graphique comparatif illustre les taux de chômage 2024 dans les régions belges — Flandre, Wallonie et Bruxelles-Capitale — par rapport aux Pays-Bas. Les données sont ventilées par âge et sexe. La Flandre présente le taux de chômage le plus bas à 3,8 %, tandis que la Wallonie (7,5 %) et Bruxelles (11,9 %) enregistrent des niveaux nettement plus élevés. Bruxelles affiche notamment des taux de chômage chez les jeunes et les adultes trois fois supérieurs à ceux des Pays-Bas. La carte met en lumière les écarts régionaux et les défis structurels du marché du travail en Wallonie et à Bruxelles.
Taux d’inactivité Région, âge & sexe — BE vs. NL (2024)
Taux d’inactivité
Ce graphique compare les taux d’inactivité — personnes ni en emploi ni en recherche active — en 2024 dans les trois régions belges, par rapport aux Pays-Bas. Les chiffres sont ventilés par âge et sexe. Les régions belges affichent systématiquement des performances inférieures aux repères néerlandais, avec des taux particulièrement élevés à Bruxelles et en Wallonie, tant chez les jeunes que chez les seniors. La Flandre s’en sort mieux mais reste en retrait. Le graphique met en lumière l’hétérogénéité de l’engagement sur le marché du travail en Belgique et souligne la nécessité de politiques régionales ciblées.
Source : Eurostat | Statbel
Région Emploi 20-64 Emploi jeunes 15-24 Chômage 15-64
Flandre76.9 %31.5 %3.8 %
Wallonie67.1 %20.6 %7.5 %
Bruxelles-Capitale64.1 %17.7 %11.9 %
  • Flandre: 76,9 % d’emploi (20-64), proche du niveau néerlandais (83,5 %) ; emploi jeunes à 31,5 %.
  • Wallonie: 67,1 % ; emploi jeunes limité à 20,6 % ; chômage deux fois plus élevé qu’en Flandre.
  • Bruxelles-Capitale: 64,1 % ; chômage trois fois plus élevé que les niveaux néerlandais dans la plupart des groupes d’âge.

4. Emploi des jeunes : comprendre l’écart de 50 points

Taux d’emploi BE vs. NL — Données trimestrielles, 15–24 (2015–2024)
Ce graphique linéaire suit les taux d’emploi trimestriels des jeunes de 15 à 24 ans en Belgique et aux Pays-Bas entre 2015 et 2024. Il met en évidence un écart persistant de 50 points, avec un taux d’emploi des jeunes néerlandais autour de 75 %, contre moins de 30 % en Belgique. Ce fossé reflète une plus grande flexibilité du marché du travail, un recours répandu au travail à temps partiel et de solides passerelles entre école et emploi aux Pays-Bas, contrairement aux politiques rigides et à la culture académique belge.
Taux de chômage BE vs. NL — Données trimestrielles, 15–24 (2015–2024)
Ce graphique compare les taux de chômage trimestriels des jeunes (15–24 ans) en Belgique et aux Pays-Bas de 2015 à 2024. Les taux belges varient entre 15 et 25 %, bien au-dessus des taux néerlandais qui oscillent entre 8 et 12 %. Ces écarts mettent en évidence des freins structurels sur le marché du travail belge, notamment des difficultés d’accès aux premiers emplois et une intégration plus faible des filières professionnelles.
Taux de NEET BE vs. NL — Données NEET, 15–24 (2015–2024)
Ce graphique présente le taux de NEET (jeunes ni en emploi, ni en études, ni en formation) pour les 15–24 ans en Belgique et aux Pays-Bas entre 2015 et 2024. Le taux belge varie entre 6 et 10 %, contre moins de 4 % aux Pays-Bas depuis 2021. L’écart croissant traduit un désengagement plus profond des jeunes Belges vis-à-vis du travail et de la formation, malgré des efforts politiques récents tels que le développement de l’apprentissage en alternance.
Taux d’emploi à temps partiel BE vs. NL — Temps partiel, 15–24 (2021–2024)
Ce graphique compare la part des jeunes travaillant à temps partiel en Belgique et aux Pays-Bas entre 2021 et 2024. Aux Pays-Bas, elle dépasse systématiquement 70 %, contre 40 à 45 % en Belgique. Cette différence reflète une culture favorable au travail à temps partiel et une plus grande souplesse institutionnelle aux Pays-Bas, tandis qu’en Belgique les réglementations sur l’emploi étudiant sont historiquement plus strictes, bien qu’en cours de réforme.
Participation à l’EFP initial (IVET) BE vs. NL — Part des élèves professionnels (2015–2022)
Ce graphique montre la part des élèves de l’enseignement secondaire supérieur inscrits dans des programmes d’enseignement et de formation professionnels initiaux (IVET) en Belgique et aux Pays-Bas de 2015 à 2021. En Belgique, cette part passe de ~60 % à 54 %, tandis qu’aux Pays-Bas elle atteint près de 70 %. Cet écart reflète une transition plus lente de la Belgique vers des filières professionnalisantes, malgré l’expansion récente de l’alternance (duaal leren).
Part de l’EFP en alternance BE vs. NL — % en apprentissage professionnel (2015–2022)
Ce graphique suit la part des élèves IVET en formation en alternance en Belgique et aux Pays-Bas entre 2015 et 2021. En Belgique, le taux stagne sous les 7 %, tandis qu’aux Pays-Bas il dépasse 88 % dès 2020. Ces chiffres montrent à quel point l’apprentissage est intégré au système néerlandais (via le MBO), contrairement à la Belgique où le duaal leren reste en développement.
Source : Eurostat | Cedefop
  1. Souplesse des politiques de travail — Salaire minimum par âge et contrats à temps partiel réduisent les coûts aux Pays-Bas ; les salaires de départ en Belgique restent élevés.
  2. Liens formation-emploi — Le système MBO néerlandais intègre des stages ; le décret belge sur le duaal leren (2018) est encore en montée en charge.
  3. Culture — Les jeunes Néerlandais combinent facilement études et emploi ; les normes belges favorisent l’étude en classe.
  4. Réformes à venir (2025) — 650 heures de travail étudiant défiscalisées et flexi-jobs dans tous les secteurs devraient stimuler la participation, mais la fin du “contrat de starter” pourrait en atténuer l’effet.

Cas illustratif (fictif) — Lotte, 19 ans, Gand
Lotte étudie l’hôtellerie trois jours par semaine et travaille deux soirs dans une boulangerie locale, totalisant 520 des 650 heures de travail étudiant défiscalisées désormais autorisées. “C’est la seule façon de payer mon loyer et d’acquérir de l’expérience,” dit-elle, montrant comment le nouveau quota et les flexi-jobs peuvent attirer les jeunes Belges vers l’emploi rémunéré.


5. Travailleurs âgés : prolonger les carrières

Taux d’emploi BE vs. NL — Données trimestrielles, 55–64 (2015–2024)
Ce graphique linéaire compare le taux d’emploi trimestriel des personnes âgées de 55 à 64 ans en Belgique et aux Pays-Bas entre 2015 et 2024. Les Pays-Bas atteignent 75,3 % en 2024, contre 59,4 % en Belgique. Cette différence persistante reflète une retraite plus tardive et une plus grande flexibilité du temps partiel aux Pays-Bas. Les réformes récentes en Belgique — bonus pension, “emplois de fin de carrière” et suppression du régime de prépension — visent à prolonger les carrières.
Taux de chômage BE vs. NL — Données trimestrielles, 55–64 (2015–2024)
Ce graphique montre le taux de chômage trimestriel chez les 55–64 ans en Belgique et aux Pays-Bas de 2015 à 2024. Tandis que les seniors néerlandais affichent un chômage faible et stable, les Belges subissent des taux plus élevés et volatils, surtout chez les hommes. Le graphique souligne le manque de formation continue, la rigidité des emplois à temps plein et la réticence des employeurs en Belgique.
Taux d’inactivité BE vs. NL — Inactivité, 55–64 (2015–2024)
Ce graphique compare le taux d’inactivité — personnes ni actives ni en recherche d’emploi — chez les 55–64 ans en Belgique et aux Pays-Bas entre 2015 et 2024. L’inactivité reste nettement plus élevée en Belgique, en lien avec des départs anticipés et peu d’options de travail adapté. Aux Pays-Bas, les seniors restent actifs via des emplois à temps partiel et une plus grande adaptation du travail.
Part d’emploi à temps partiel BE vs. NL — Temps partiel, 55–64 (2015–2024)
Ce graphique présente la part des 55–64 ans travaillant à temps partiel en Belgique et aux Pays-Bas entre 2015 et 2024. Aux Pays-Bas, près de 40 % des seniors travaillent à temps partiel, contre seulement 23 % en Belgique. Ce manque de flexibilité freine la participation des aînés sur le marché du travail.
Durée de vie active attendue BE vs. NL — Espérance de vie professionnelle (2015–2023)
Ce graphique annuel estime la durée moyenne de vie active en Belgique et aux Pays-Bas de 2015 à 2021. Les Néerlandais travaillent en moyenne 3 à 4 ans de plus. L’âge effectif de sortie est d’environ 61 ans en Belgique, contre 64–65 ans aux Pays-Bas. Le graphique illustre le retard belge à construire des carrières plus longues et durables.
Participation à la formation BE vs. NL — Formation continue, 55–64 (2015–2023)
Ce graphique montre la part annuelle des 55–64 ans participant à une formation en Belgique et aux Pays-Bas de 2015 à 2021. Les Pays-Bas affichent une nette avance grâce à une infrastructure de formation continue et à l’implication des employeurs. La faible participation belge limite la mise à jour des compétences et freine le prolongement des carrières.
Source : Eurostat
  • Taux d’emploi : Belgique 59,4 % vs Pays-Bas 75,3 %.
  • Âge effectif de sortie : environ 61 ans en Belgique ; 64–65 ans aux Pays-Bas.
  • Temps partiel : 23 % des seniors belges contre 40 % aux Pays-Bas.

La suppression du prépensionnement, le bonus pension et les emplois de fin de carrière visent à reproduire la flexibilité néerlandaise.

Cas illustratif (fictif) — Jean-Pierre, 61 ans, Charleroi
Après la fermeture d’une aciérie, Jean-Pierre est revenu au travail à 60 % via un emploi de fin de carrière élargi. Il encadre de jeunes recrues et cumule un bonus pension. Il prévoit de travailler jusqu’à 64 ans : “J’ai réduit mes heures, pas mon utilité.” Cet exemple fictif montre comment un départ progressif peut maintenir les talents âgés actifs.


6. Perspectives de politique 2025–2029

Pilier de réforme Mesures clés Impact attendu
Activation des demandeurs d’emploi Limite des allocations chômage à 2 ans + obligations renforcées de recherche d’emploi et de formation (activation “carotte-bâton”) ≈ +0,6 point de pourcentage
Rendre le travail plus rémunérateur Réduction des cotisations sur bas salaires (€1,5 md) + gel de l’indexation des allocations pour que le travail rapporte ≥ €500/mois de plus que l’inactivité ≈ +0,4 point de pourcentage
Jeunes & flexibilité Quota étudiant porté à 650 heures/an ; “flexi-jobs” étendus à tous les secteurs ; période d’essai de 6 mois rétablie pour les nouvelles embauches ≈ +0,7 point de pourcentage
Allongement des carrières Restriction des voies de départ anticipé ; nouveau bonus pension actuariel pour chaque année au-delà de l’âge légal ≈ +0,8 point de pourcentage
Réintégration des malades de longue durée Employeurs prennent en charge les 2 premiers mois d’indemnités + plan de retour obligatoire après 1 mois d’absence ≈ +0,5 point de pourcentage

L’objectif belge d’atteindre un taux d’emploi de 80 % d’ici 2029 est ambitieux mais pas irréaliste. Depuis 15 ans, l’emploi progresse régulièrement — à raison de 0,10 point de pourcentage par trimestre depuis 2009. Les réformes récentes — de l’activation plus stricte aux ajustements fiscaux, en passant par les retraites et le travail flexible — pourraient chacune ajouter environ 3 points à elles seules.

Mais cela ne suffit pas. Combinées, ces mesures peuvent se renforcer mutuellement — les périodes d’essai favorisant l’embauche, ou les réductions d’impôts stimulant l’emploi des jeunes — et ainsi produire un effet supérieur à la somme des parties. Atteindre 80 % dépendra d’un suivi rigoureux, notamment en Wallonie et à Bruxelles où le fossé reste important. Mais si la dynamique actuelle se poursuit, la Belgique pourrait être plus proche de son objectif qu’elle ne l’a été depuis des années.

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